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  • D. Roumeau

La Turquie et le PKK

Mis à jour : mars 10

« Le Kurdistan est l’échiquier géopolitique sous-estimé du Proche-Orient, où les Kurdes ne sont que des pions à « valeur ajoutée », tour à tour utiles et encombrants, et que tous s’accordent à sacrifier sans remords. » (1).


Le peuple Kurde représente environ 25% de la population pays soit un peu plus de 20 millions de personnes. C’est presque la moitié des Kurdes du Moyen-Orient ! Pourtant avec l’absence d’un réel Etat-nation, le problème kurde et en particulier en Turquie reste entier et sans réelles volontés d’y mettre un terme de la part du gouvernement d’Erdogan. Il est de plus doublé de conflits avec les pays voisins. En premier lieu avec l’Irak dont la frontière est bafouée lors d’opérations militaire de répression (l’Opération Claw), mais aussi en Syrie a l’occasion de l’Opération Peace spring en lien avec les forces démocratiques syriennes, soutenues par les Etats-Unis. A cela vient s’ajouter sur un plan plus international un jeu d’alliances qui s’appuie sur le flou des frontières et de la situation du peuple kurde pour passer des accords avec les belligérants locaux.

Le présent article s’emploiera à rappeler l’enjeu de la question kurde en Turquie (I) et de montrer l’influence des pays voisins sur les relations entre les branches de l’insurrection kurde (II). Enfin il proposera des perspectives probables quant au développement de la situation dans un horizon de court terme (III).



1. La question Kurde en Turquie


1.1. Un Etat kurde fantôme


On s’accorde volontiers à parler d’un « Kurdistan » de nos jours qui représente la zone où vivent la plupart des Kurdes d’Orient autour du Mont Qandil (bastion historique du peuple) dans les Montagnes du Zagros en Irak. Cependant les tentatives officielles de s’affranchir du statu quo, dans lequel est embourbé le peuple kurde, ont jusqu’à présent échoué. Je parle bien entendu du traité de Sèvres en 1919 qui prévoyait la création d’un Kurdistan dans l’actuelle Turquie au titre des règlements de la Grande Guerre, qui vole en éclats abrogé par le traité de Lausanne du 24 juin 1924. Mais également de la République kurde de Mahābād créée en 1946 lors de la partition du pays après la Seconde Guerre mondiale qui fut réduite à néant, faute de soutien, par l’Iran l’année suivante (2). Plus récemment en Irak, après la guerre du Golfe de 1990 et leur soutien à l’intervention américaine en Irak en 2003, le peuple kurde a obtenu une autonomie relative avec la nouvelle constitution irakienne en 2005 dans les régions du nord du pays. Néanmoins les tensions autour des différents partis politiques kurdes de l’Irak, de la Turquie, de l’Iran et de la Syrie font que ce territoire est contesté et qui plus est que l’entente n’est pas si cordiale entre eux.


1.2. La création du PKK


Le PKK (« Partiya Karkerên Kurdistan » ou en français « Parti des Travailleurs du Kurdistan ») fondé en 1978 par Abdullah Öcalan est une organisation armée kurde, considérée comme terroriste par le monde occidental et en particulier la Turquie. Ce groupe d’inspiration marxiste-bookchiniste mène une lutte depuis plus de 40 ans, notamment grâce au HPG son bras armé, pour la reconnaissance de son statut. Aux origines les heurts entre le PKK et le gouvernement sont internes au pays. Néanmoins ceux-ci tendent à s’étendre, par-delà les frontières créant donc une situation complexe où les groupes kurdes voisins viennent interagir. Leur mode d’action est identique à l’Etat Islamique (EI) : attentats suicides, racket, trafic. En bref une guérilla urbaine. C’est pourquoi ils sont classés en tant qu’organisation terroriste (sur le même tableau que Daesh à Ankara). Les effectifs armés du PKK n’excèdent guère 10-20.000 combattants au plus fort des effectifs, armés d’armes légères d’infanterie (Ak-47, et quelques PKM). Le conflit est majoritairement de basse intensité, cependant on dénombre de manière officielle plus de 40.000 victimes civiles et militaires et de nombreuses entorses aux droits de l’Homme dans les deux camps. De multiples affrontements ont eu lieu entre les années 1984 (début de la lutte armée) et 2015, parsemés de cessez-le-feu pour tenter de trouver un terrain d’entente mais qui seront souvent bafoués par Ankara elle-même, ce à quoi les kurdes répondront par une reprise des hostilités.


1.3. Point de situation actuel dans le conflit turco-kurde


Le Kurdistan est perçu par la Turquie, de même que pour beaucoup d’autres pays ou organisations internationales telles que l’OTAN, comme une organisation terroriste. Erdogan met tout en œuvre pour chasser le PKK au moins des zones habitées de Turquie car le combattre directement dans les montagnes est chose impossible du fait de l’accès difficile et de la présence de grottes et de caches reconnues par les combattants kurdes. C’est pourquoi il privilégie les raids aériens sur les bases du PKK en Irak car il sait que le PKK est en heurt avec le PDK irakien à cause des incursions d’Erdogan qui restent impunies par le gouvernement irakien. Il s’est d’ailleurs servi de son homologue irakien, Massoud Barzani, pour qu’il lui révèle les positions de bases du PKK dans le Zagros (3) . Le 15 juin 2020 ce sont pas moins de 81 sites de rebelles kurdes qui sont pilonnés par des F16 Turcs armés d’obusiers et de roquettes et chassés par des mercenaires turcs au sol dans le cadre de l’opération militaire Claw-Eagle, qui eut pour suite l’opération Claw-Tiger (4) toujours dans le même but d’attiser le brasier kurde turco-irakien et ainsi forcer le PKK à revenir en Turquie pour mieux l’annihiler.



2. Des relations disparates avec les partis kurdes des pays voisins


2.1. Une solidarité face à un ennemi commun…


Le conflit entre les rebelles kurdes du PKK et le régime turc d’Erdogan s’étend audelà des frontières nationales. Le Kurdistan turc veut coopérer avec les partis kurdes voisins pour se créer des bases arrières, hors des frontières turques d’où il est violemment chassé, notamment dans les montagnes irakiennes.

C’est pourquoi des liens se renforcent depuis plusieurs années avec d’autres partis kurdes du théâtre levantin. Cette consolidation de l’entraide s’est rapidement accélérée à partir de 2012 en Syrie avec le PYD Syrien (Partiya Yekîtiya Demokrat, Parti de l’Union Démocrate). Les YPG (forces armées du PYD) libèrent Kobané pendant la guerre nationale syrienne et le PYD obtient un statut militaire et diplomatique important en plus d’être soutenu par les Etats-Unis dans la lutte contre l’Etat Islamique dès 2013. Le PYD öcalaniste est donc considéré comme une branche alliée du PKK a contrario du PKK barzaniste qui s’est rapproché de la Turquie.

De plus, alors qu’Ankara et Téhéran ont décidé conjointement début septembre de lutter (5) contre le PKK et le PJAK iranien (Parti pour une vie libre au Kurdistan), la coopération kurde promet une résistance exacerbée. Leur objectif de se battre pour obtenir plus d’autonomie pour les minorités kurdes de chaque pays reste leur ligne principale de conduite. Il est à noter que la lutte armée du PJAK et du PKK n’ont pas premièrement pour objectif l’entraide mais avant tout de repousser les tentatives des gouvernements de grignoter leurs territoires. La coopération se fait surtout indirectement en refusant de rentrer dans le jeu de son gouvernement respectif. Ainsi ils agissent plutôt au profit du KCK (Union des communautés du Kurdistan).


2.2. … qui se mue en lutte intestine kurde


Les montagnes irakiennes sont le berceau du peuple kurde. C’est donc tout logiquement que le PKK y possède nombre de ses bases-arrière desquelles part le ravitaillement des postes en Turquie. Cependant la présence du PKK en Irak ne plaît pas aux autres partis kurdes présents : le PDK et l’UPK qui exercent un contrôle sur la région en condominium via la RAK (Région Autonome Kurde). En effet les incursions turques en territoire irakien sous prétexte de chasser le PKK se faisant de plus en plus soutenues, le RAK souhaite voir le PKK retourner à ses bases turques. Ainsi, alors qu’on pourrait penser que les kurdes s’unissent sous la même bannière, celle d’un peuple non reconnu officiellement et longtemps utilisé comme variable d’ajustement contre le jihadisme à l’échelle locale par les forces occidentales, il s’avère que des dissonances fracturent l’unité kurde.

Dans la sphère politique régionale, la Turquie en lien avec l’Iran tente de jouer sur cette mésentente entre les partis kurdes pour pouvoir regagner du terrain sur les territoires occupés par ces derniers. En effet comme expliqué précédemment, Ankara et Téhéran ont décidé une action commune pour lutter contre le « terrorisme kurde » frontalement et à la fois en misant sur le fait que le PKK et le PJAK sont en froid avec l’UPK. Initier une querelle interne à cause des incursions turques et iraniennes dans le Zagros, dues à la présence des bases arrières du PKK et du PJAK, faciliterait grandement la tâche à la Turquie et à l’Iran pour récupérer les territoires que les kurdes ont repris aux jihadistes lors des guerres contre Daesh ces dernières années (6).


2.3 Un exemple : la crise de Zini Warte


Le face à face entre l’UPK, le PDK et le PKK sur la localité de Zini Warte au SudOuest du Mont Qandil est le parangon par excellence de la friction interne kurde. Entre le 16 mars et le 8 avril 2020 se sont données rendez-vous plusieurs brigades kurdes, édifiant autour de la ville fortifications et tranchées en vue d’un affrontement armé. Le PDK entend s’emparer de la zone pour renseigner Erdogan sur les positons du PKK et ainsi les chasser d’Irak. Dès lors l’UPK intervient pour démobiliser les troupes du PDK qui n’ont aucun droit de s’installer sur leur territoire. Enfin le PKK lui entre en scène pour s’approprier Zini Warte comme refuge en cas d’attaque d’Ankara sur leur bastion du Mont Qandil. Ils regrettent et condamnent que leurs frères irakiens soient manipulés par le gouvernement d’Erdogan et participent à la politique d’éradication du PKK d’Ankara (7).

Cet affrontement entre kurdes, à l’heure où Öcalan et Barzani appellent tous deux à s’unir en cette période où la question du kurdistan reçoit enfin une opinion favorable de la part de la scène internationale, peut desservir leur cause. La résurgence de tels différents fait craindre le retour d’une guerre interne à l’image des Guerres du Sud entre 1992 et 1995 faisant des milliers de morts dans les rangs kurdes en plus de désertions.



3. Perspectives à court terme concernant le conflit turco-kurde


3.1. Un espoir de paix pour le PKK ?


Alors que le monde occidental n’a cessé de considérer le PKK comme un groupe armé terroriste, et ce depuis le début des années 2000, un tremblement eu lieu sur la scène politique européenne début janvier 2020. La Cour de cassation de Belgique a en effet décidé le 28 janvier du retrait du PKK de sa liste des organisations terroristes où il figurait parmi Al-Qaeda, le Hezbollah ou encore l’EI (8). Indépendamment de l’exécutif, la justice belge a décrété que le PKK faisait partie d’un conflit interne et donc que la mention de groupe « terroriste » à l’échelle de la Belgique ne tenait pas. Cependant les kurdes affiliés au PKK pourront toujours être poursuivis en Belgique !

En revanche là où le PKK sort grand gagnant de ce revers de situation c’est au niveau européen. La juridiction européenne s’appliquant à tous ses membres, il se pourrait que la décision belge soit l’impulsion que souhaitait le PKK pour le voir retiré de cette liste des organisations terroristes au niveau européen. Dès lors pourrait débuter un processus de résolution de la question kurde avec le soutien de l’Union Européen sous l’égide de l’humanité face à la diaspora désastreuse de ce peuple (comme l’a toujours clamé la Cour d’Appel de Bruxelles). Cette décision conforte donc une première procédure de la Cour de Justice de l’Union Européenne datant de 2018 dans laquelle elle statuait que le PKK avait illégitimement été catégorisé comme organisation terroriste par le Conseil européen entre 2014 et 2017.

Cette décision, comme on pouvait s’y attendre, a fait bondir la Turquie qui s’emploie activement à lutter contre le PKK depuis plus de 35 ans. Si le processus suit son cours jusqu’à ce que l’Union Européenne décide de changer le statut du PKK et de le retirer de cette fameuse liste, l’action d’Ankara se retrouverait alors largement entravée par l’UE dans sa lutte et même possiblement devoir faire des concessions aux kurdes pour obtenir la paix. L’Union Européenne pourrait de ce fait se positionner comme médiateur entre les deux camps, ce qu’a longtemps souhaité faire le PDK.


3.2. Une situation encore trop volatile


Les offensives turques Claw-Eagle et Claw-Tiger ont coûté à Ankara tant en termes d’hommes de que de soutien du monde occidental car ce dernier commence à se préoccuper du sort des kurdes, ces guerriers qui luttent localement contre Daesh. Ces opérations visant à frapper durement le PKK dans ses terres n’est qu’un succès de demiteinte qui cache en réalité une capacité des kurdes à absorber les attaques d’Erdogan, majoritairement en passant à la clandestinité. La Turquie s’est donc heurtée à un PKK mieux préparé qu’attendu (9).


Le PKK quant à lui est dans une situation très instable. La Turquie n’ayant pas obtenu le choc désiré lors de ses opérations militaires (afin de rétablir l’Etat syrien pour in fine d’annihiler l’influence du PKK en Syrie et pour repousser le PKK des frontières turques du sud-est anatolien) pourrait donc remettre le couvert à un moment où le PKK a l’opportunité de capter l’attention occidentale. Il n’y a donc aucun intérêt pour le PKK de reprendre les hostilités à moins qu’Ankara décide de repasser à l’offensive. Néanmoins il ne faut pas oublier la possibilité pour le PKK d’utiliser des proxys pour détourner l’attention d’Erdogan.

Rappelons-nous le 10 août 2019 où le HBDH (Halklarin Birlesik Devrim Hareketi, le mouvement révolutionnaire uni des peuples) avait détruit à l’aide de ses milices vengeresses un convoi militaire chargé de munitions de l’armée turque dans un raid. Le PKK, alors pris entre les feux de Daesh et d’Ankara, avait bénéficié de la résurgence de ces unités d’extrême-gauche inactives depuis deux ans à l’époque.


Le fait que le HBDH ne soit pas directement affilié au PKK lui permet de montrer que sa lutte contre l’Etat turc est légitime car elle dépasse la question kurde. La dispersion géographique des attaques corrèlent cet argument et permet au PKK d’obtenir le soutien de la population et de l’extérieur. Le PKK démontre ainsi d’un certain leadership de mouvements antiétatiques pouvant lui servir de vitrine politico-militaire tout en évitant de combattre soi-même, ce qui constitue un atout pour renverser l’opinion publique.



Conclusion


Riche de 35 à 45 millions d’individus au Moyen-Orient, les kurdes sont un peuple marginalisé mais à la fois central. Ils sont géoéconomiquement et géopolitiquement incontournables. Néanmoins leur peuplement géographique les laisse en marge dans leurs pays respectifs.

C’est pourquoi en Turquie, le PKK s’inscrit comme un acteur insurrectionnel de premier plan pour leur cause. Ce groupe armé, basé en Irak, mène l’essentiel de son activité en Turquie mais aussi en Syrie par le biais de son avatar syrien : le PYD. Malgré les violentes opérations militaires turques à son encontre dans le Zagros, le PKK tient tête à Ankara au grand dam de son frère irakien le PDK qui souhaiterait un apaisement des tensions pour voir le PKK regagner la Turquie. En effet une lutte intestine kurde sape les processus de négociations du RAK avec les Etats du Proche Orient. Celle-ci à connu son apogée pendant les deux guerres du Sud ou les kurdes s’affrontaient entre eux. Plus récemment des échauffements à Zini Warte ont de peu échappé à se muer en troisième guerre du Sud.

L’avenir du sort kurde réside donc sur un glacis instable. Même si la Belgique a entamé un processus de dédiabolisation du PKK, il n’est pas certain qu’il puisse encore en jouir étant donné qu’Ankara n’a pas décider de rester sur la demi-réussite de l’opération Claw. Cependant, une poursuite des attaques contre le PKK pourrait mener à une résurgence de milices vengeresses antiétatiques soutenant le PKK dans leur lutte contre le régime turc. La lente remobilisation de Daesh dans la région pourrait également amener le PKK à reprendre le combat et par-là leur assurer un soutien des occidentaux.



Notes :


1. Philippe Boulanger, Les Kurdes, tarot noir du Proche-Orient, Études, 2001, Tome 394, p.19

2. Philippe Lemarchand, Atlas géopolitique du Moyen-Orient et du Monde arabe, Paris, Editions complexe, 1993, p.210.

3. Revue « Moyen-Orient : géopolitique, géoéconomie, géostratégie et sociétés du monde arabomusulman », numéro 39, juillet - septembre 2018, « Bilan géostratégique 2018 ».

4. AFP, « Nouveaux raids turcs, trois combattants du PKK tués », août 2020, lorientlejour.com. 5. Dana Taib Menmy, « L’accord irano-turc de lutte contre le PKK risque de déstabiliser la région kurde d’Irak », Septembre 2020, Middle East Eye.net.

6. Saywan Barzani, Le Kurdistan d’Irak 1918-2008, Paris, l’Harmattan, p.181-182

7. Emile Bouvier, « Face-à-face militaire à Zini Warte […] », Mai 2020, Les clés du Moyen Orient.com

8. Emile Bouvier, « Le PKK prochainement retiré de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne ? », février 2020, Les clés du Moyen Orient.com

9. Alexandre Jubelin, « Les kurdes, partenaires trahis de la lutte contre Daesh », mai 2020, irsem.fr.



Sources :


Philippe Boulanger, Les Kurdes, tarot noir du Proche-Orient, Études, 2001, Tome 394. Philippe Lemarchand, Atlas géopolitique du Moyen-Orient et du Monde arabe, Paris, Editions complexe, 1993.

Revue « Moyen-Orient : géopolitique, géoéconomie, géostratégie et sociétés du monde arabomusulman », numéro 39, juillet - septembre 2018, « Bilan géostratégique 2018 ». Saywan Barzani, Le Kurdistan d’Irak 1918-2008, Paris, l’Harmattan. irsem.fr

Les clés du Moyen Orient.com

lorientlejour.com

Middle East Eye.net


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